Technique de Joan Mitchell : comprendre sa vision

Vous êtes tombé sous le charme de la technique de Joan Mitchell ? Ses œuvres sont de véritables références dans l’art de la peinture depuis plusieurs années. Même aujourd’hui, cette peintre du mouvement de l’expressionnisme abstrait américain continue d’inspirer beaucoup de jeunes passionnés en art contemporain. Voyons dans cet article comment Joan Mitchell est devenue une véritable icône dans l’art de la peinture.

Qui est Joan Mitchell ?

Joan Mitchell est une artiste américaine née en 1925. Elle est considérée comme : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="user" /]une peintre importante de l’abstraction expressionniste abstraite de l’après-guerre
  • [lrseo_icon icon="user" /]une figure de la peinture de la deuxième partie du 20e siècle
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Le parcours de Joan Mitchell

Après ses études au “The Art Institut of Chicago”, Joan Mitchell a voyagé à Paris. Puis, elle est revenue aux États-Unis où elle a rencontré différents peintres, entre autres : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="user" /]Hans Hofmann
  • [lrseo_icon icon="user" /]Franz Kline
  • [lrseo_icon icon="user" /]Willem de Kooning
[/lrseo_list] A la base, elle s’est initiée au langage pictural et a commencé par des peintures figuratives. La dernière qu’elle a nommée “Figure and the City”, date d’ailleurs de 1950. Après cette période, elle s’est orientée vers des peintures abstraites.

Des peintures abstraites très particulières

Bien que très expressives et très dynamiques, les peintures abstraites de Joan Mitchell sont toujours composées et organisées. Elles sont loin d’être uniquement de la spontanéité, du ressenti et de l’impulsion. Ses peintures ont été faites d’après des principes de composition, notamment basés sur le nombre d’or. Pour réaliser sa série d’œuvres abstraites, Joan Mitchell : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]s’est inspirée de la nature, des champs et des fleurs
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]a retranscrit et réinterprété les paysages dans ses peintures
[/lrseo_list] Cette peintre très fougueuse a traversé plusieurs périodes, en quête de son écriture et de son langage, jusqu’à les trouver. La peinture de Joan Mitchell, dans la droite ligne de Van Gogh, est reconnaissable entre mille. Il y a eu une grande exposition à la Fondation Louis Vuitton, où un parallèle a été fait entre : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="user" /]Joan Mitchell et Monet
  • [lrseo_icon icon="user" /]Joan Mitchell et Van Gogh
[/lrseo_list] Cependant, il est encore plus facile de faire le rapprochement entre Joan Mitchell et Van Gogh en raison de leur : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="star" /]côté très expressif
  • [lrseo_icon icon="star" /]caractère
  • [lrseo_icon icon="star" /]touche très particulière
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Une de ses œuvres “No Bird, est d’ailleurs un hommage à Van Gogh. Elle est inspirée d’un de ses derniers tableaux “Bird”, où il y a un paysage avec des corbeaux à Chambley.

Comme nous le verrons ci-après, Joan Mitchell joue beaucoup avec les couleurs dans ses compositions.

Le rôle central de la couleur dans ses toiles

Palette vibrante et superpositions

Bien sûr, la couleur est très importante dans la peinture de Joan Mitchell. Elle commence par des principes assez classiques. Elle respecte les tonalités, mais travaille avec des notes extraordinaires, comme des clés tonales.
Exemple

Prenons un tableau avec beaucoup de bleu et de brun. Il y a tout à coup une marque rouge en plein milieu, qu’elle arrive à intégrer par différents moyens.

Petit à petit, elle va vers des harmonies contemporaines, où elle mélange les couleurs chaudes et les couleurs froides. Elle cherche à créer de l’unité dans un environnement hétérogène, hétéroclite. Cela fait de Joan Mitchell, une peintre en constante recherche et au fait des théories de l’après-guerre, qui mettent en avant : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]la rupture, la chute, le déchirement, l’hétéroclisme
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]de nouvelles harmonies
[/lrseo_list] En effet, après Hiroshima et les camps de concentration, il y a eu un traumatisme d’une grande ampleur dans l’inconscient collectif. Il est ainsi devenu impossible de peindre comme avant avec des harmonies classiques. La tendance était vers des compositions : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]beaucoup plus contrastées
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]beaucoup plus dures
[/lrseo_list] D’une certaine manière, elles sont moins évidentes et ne sautent pas aux yeux. En effet, il s’agit de nouvelles harmonies : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="star" /]qui travaillent plus par compensation
  • [lrseo_icon icon="star" /]créant un ensemble de contrastes de différentes natures mais qui se répondent
[/lrseo_list] Joan Mitchell est une peintre qui a beaucoup travaillé l’ambiguïté spatiale. Ses peintures donnaient l’impression de ne jamais avoir de plans définitifs, c’est à dire : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]jamais définitivement devant
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]jamais définitivement derrière
[/lrseo_list]

Expérimentation du grand format

Joan Mitchell a beaucoup travaillé les grands formats mais aussi les polyptyques. Il s’agit de tableaux composés de 2, 3 ou 4 toiles (diptyques, triptyques, quadriptyques). Il y a une certaine recherche de grandeur dans ses œuvres, surtout par le format. La peinture nous submerge d’une certaine manière. Dans la deuxième partie de sa carrière, la grandeur des formats caractérisait ses peintures. Encore une fois, elles étaient composées et réfléchies, même si tout a l’air très spontané et très gestuel. Chacune de ses peintures est loin d’être posée sur la toile sans aucune réflexion. Pour les identifier, il faut : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="ok-circled" /]des outils de lecture
  • [lrseo_icon icon="ok-circled" /]en comprendre les principes de composition
[/lrseo_list]

La gestuelle expressive et la dynamique du pinceau

Les peintures de Joan Mitchell sont considérées comme gestuelles et expressives. Elles sont dans la même lignée que celles de Jackson Pollock, qui a introduit : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]la peinture gestuelle
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]des expressions gestuelles
[/lrseo_list] Elle fait d’ailleurs partie des dignes représentants de la peinture gestuelle au même titre que : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="user" /]Georges Mathieu
  • [lrseo_icon icon="user" /]Gérard Schneider
  • [lrseo_icon icon="user" /]Willem de Kooning
[/lrseo_list]

Le geste a l’air spontané, mais il est beaucoup plus contrôlé qu’il n’en a l’air. Et c’est ce qui fait la force d’une peinture de Joan Mitchell. Tous les gestes sont structurés, connectés, interconnectés par des trames sous-jacentes.

Il y a aussi très souvent un travail sur les quantités de couleurs, notamment : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]la quantité de rouge par rapport à la quantité de bleu
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]la quantité de rouge par rapport à la quantité de jaune
[/lrseo_list] Tout cela est étudié et préétabli. Elle travaille avec des esquisses faites au préalable pour concevoir son tableau. Elle met en place les différents éléments du langage, notamment la répartition des quantités de couleurs. Cette dernière se fait de manière mathématique, pour pouvoir ensuite se lâcher à l’intérieur d’un cadre précis.

Entre mémoire et émotion : la peinture comme langage intérieur

Les souvenirs comme source d’inspiration

Joan Mitchell utilise beaucoup la mémoire de : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]certains événements qui l’ont marqué
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]certains paysages
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]certaines impressions qu’elle a eues à des moments précis
[/lrseo_list] Cela a renforcé son plaisir de : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="star" /]faire de la peinture
  • [lrseo_icon icon="star" /]pratiquer l’art
[/lrseo_list]

Le concept de « feeling » selon Mitchell

Ce qui est intéressant avec la peinture abstraite, c’est que l’artiste n’est plus obligé de représenter un sujet précis. Cela ouvre la porte aux sentiments et aux émotions. Les passionnés parlent souvent de paysage intérieur, mais aussi de mémoire dans le paysage. Une peinture de Joan Mitchell est souvent vue comme : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="star" /]très spontanée
  • [lrseo_icon icon="star" /]plein d’énergie
  • [lrseo_icon icon="star" /]plein de vitalité
[/lrseo_list] Elle montre généralement une certaine fougue ou une certaine colère : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]vécues de l’intérieur
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]traduites sur la toile
[/lrseo_list]

Si ses peintures nous impactent autant, c’est parce qu’elles sont très vivantes d’une certaine manière.

La singularité de Joan Mitchell dans l’expressionnisme abstrait

L’influence de la nature sur ses abstractions

Un peu plus haut, nous avons évoqué le fait qu’elle s’inspirait beaucoup de la nature, de paysages, de champs de blé, de champs de fleurs. Elle traduisait tout cela à sa manière et en accord avec son époque, donc de manière plutôt gestuelle. Ces champs de fleurs deviennent des masses de couleurs qui se répondent entre elles. L’objectif est vraiment de s’inspirer de la nature pour en faire une peinture. Il y a donc un passage d’une couleur à une autre résultant de la réinterprétation du champ de fleurs ou d’éléments naturels. Le but est ici de les mettre dans un cadre esthétique et d’en faire une grande peinture. Cette dernière montre alors des tâches de couleurs : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="ok-circled" /]bien composées
  • [lrseo_icon icon="ok-circled" /]mises en relation les unes avec les autres, avec un sentiment spatial
[/lrseo_list]

Une réinterprétation de la nature à sa manière

Si les peintures de Joan Mitchell valent aujourd’hui plusieurs millions, c’est grâce à son choix artistique. Beaucoup d'entre elles ont chacune une cote qui a dépassé les 40, 50, 100 millions. Cette valeur s’explique aussi par le fait qu’elle ne copie pas la nature de manière servile ou mimétique. Elle la réinterprète. Si cela est possible, c’est grâce à sa connaissance du langage pictural et esthétique. Il ne s’agit pas d’une réinterprétation faite uniquement avec du ressenti ou des sentiments. Elle respecte des codes bien précis, notamment ceux : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]de la composition
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]du nombre d’or
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]de la mise en relation des éléments
  • [lrseo_icon icon="right-circled" /]etc.
[/lrseo_list] Joan Mitchell a fait une autre toile, “Sunflowers” qui est un dialogue avec Van Gogh. Elle montre des taches jaunes très bien organisées. Sunflowers, c’est “Les tournesols”, qui est un des tableaux phares de Van Gogh. Elle l’a réinterprété à sa manière. Il s’agit d’un très grand tableau vertical présentant les fleurs, mais en réalité, ce sont juste des taches abstraites jaunes.

La technique du « framing » pour capturer l’instant

La technique du framing dans la peinture de Joan Mitchell consiste à prendre un fragment d’un paysage. Ensuite, il faut l’imaginer continuer au-delà de la toile. Ici, c’est comme si l’esprit n’avait capturé qu’une partie du champ de blé ou du champ de fleurs. Ce dernier continue donc en dehors de l’espace peinture. Le but est de laisser les spectateurs imaginer la suite.

Conclusion

Joan Mitchell est donc une figure marquante dans l’expressionnisme abstrait. Son style très particulier a fait d’elle une référence mondiale. Les experts la reconnaissent tout de suite par : [lrseo_list]
  • [lrseo_icon icon="star" /]son écriture unique, nerveuse, expressive et apparemment spontanée
  • [lrseo_icon icon="star" /]des traits courts mais très puissants
  • [lrseo_icon icon="star" /]une surface très remplie mais bien organisée
[/lrseo_list] N’hésitez pas à aller voir ses tableaux aux expositions qui lui sont consacrées.

Foire aux questions

Quels outils sont privilégiés par Joan Mitchell dans son processus artistique ?

Joan Mitchell travaille beaucoup à la peinture à l’huile et à la peinture acrylique. Elle privilégie particulièrement les grands formats, après des esquisses.

Comment Joan Mitchell a-t-elle atteint une reconnaissance internationale ?

Joan Mitchell a atteint une reconnaissance internationale grâce à son style unique. Il y a eu plusieurs expositions de ses œuvres dans le monde depuis quelques années. Même aujourd’hui, des événements qui lui sont consacrés sont organisés régulièrement notamment par la Fondation Louis Vuitton. Dans le milieu des peintres, elle est reconnue depuis un certain temps. Sa cote n’arrête pas de monter. Ses œuvres sont faciles à aborder pour ceux qui connaissent bien la peinture. Beaucoup pensent que ces taches de couleurs, un enfant de 4 ans pourrait les reproduire. Pourtant, c’est complètement faux. En réalité, ce sont des peintures qui sont très réfléchies et très bien organisées.
En savoir plus

https://awarewomenartists.com/artiste/joan-mitchell/

https://www.connaissancedesarts.com/.../une-des-plus-grandes-artistes-americaines-du-xxe-siecle-celebree-dans-14-musees-en-france

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